Experts en : Moyen-Orient
BELGAID, Farid
Doctorant
BENTERFAYA, Youcef
Ass. technique, Doctorant
- Afrique
- Époque contemporaine
- Afrique du Nord
- Afrique francophone
- Époque moderne
- Asie
- Maghreb
- Moyen-Orient
- 21e siècle
- Amérique du Nord
- 2000 à nos jours
- 1945-1989
- 20e siècle
- Histoire de la philosophie islamique
- Histoire de la théologie islamique
- Épistémologie
Expertise et domaines de recherche
Mon expertise se situe à l’intersection de l’herméneutique coranique contemporaine, de l’épistémologie islamique et de la pensée réformiste post-coloniale. Je me spécialise dans l’analyse des méthodologies exégétiques qui tentent de concilier la rationalité moderne avec la fidélité scripturaire, en examinant particulièrement comment les penseurs musulmans contemporains reconfigurent les rapports entre raison critique, tradition révélée et contextualisation historique.
Mes recherches de master ont porté sur l’œuvre de Muhammad Shahrur (1938-2019), penseur syrien dont l’approche révolutionnaire de l’exégèse coranique illustre cette tension productive entre autonomie intellectuelle et engagement confessionnel. J’ai développé une compétence approfondie dans l’analyse de sa théorie des limites et de sa méthodologie linguistique, qui démocratisent l’accès à l’interprétation religieuse tout en préservant l’authenticité spirituelle.
Intérêts de recherche
Mes intérêts s’articulent autour de plusieurs axes complémentaires. D’abord, l’épistémologie des savoirs islamiques contemporains et la manière dont les nouveaux penseurs de l’islam négocient avec les exigences de la modernité sans renoncer à leurs fondements confessionnels. Ensuite, les stratégies herméneutiques qui permettent une lecture contextualisée des textes sacrés, en tension entre universalisme rationnel et ancrage dans une tradition spécifique.
Je m’intéresse également aux dimensions politiques et éthiques de cette réforme intellectuelle : comment la démocratisation de l’interprétation religieuse transforme-t-elle les rapports d’autorité dans le champ islamique ? Quelles implications pratiques ces renouvellements théoriques ont-ils pour les sociétés musulmanes contemporaines ? Enfin, je porte une attention particulière aux trajectoires biographiques et intellectuelles des penseurs réformistes, notamment la façon dont leurs formations plurielles (scientifique, religieuse, occidentale) façonnent leurs approches herméneutiques.
Objectifs de recherche doctorale
Mon projet doctoral vise à approfondir et élargir cette réflexion sur les épistémologies islamiques critiques. Je souhaite explorer comment différents penseurs contemporains articulent raison critique et engagement confessionnel, en comparant les stratégies herméneutiques déployées dans divers contextes géographiques et intellectuels du monde musulman.
Plus spécifiquement, j’aspire à développer une analyse critique des fondements théoriques du réformisme islamique contemporain, en interrogeant les tensions irrésolues entre universalisme et particularisme, entre audace interprétative et préservation identitaire. Mon objectif est de contribuer à une meilleure compréhension des modalités par lesquelles l’islam dialogue avec la modernité, et d’éclairer les enjeux épistémologiques, éthiques et politiques de ce dialogue.
À terme, je souhaite produire une recherche qui soit non seulement rigoureuse académiquement, mais aussi pertinente pour les débats contemporains sur le pluralisme religieux, la sécularisation et les rapports entre tradition et modernité dans les sociétés post-coloniales.
BRODEUR, Patrice
Professeur agrégé, Chercheur
- Islamologie
- Judaïsme
- Dialogue interreligieux, interculturel et intervisionnel
- Religions abrahamiques comparées
- Histoire des religions
- Radicalisation
- Religion et politique
- Géopolitique des religions
- Moyen-Orient
- Monde arabe
- Époque contemporaine
Professeur agrégé à l’Université de Montréal, Patrice Brodeur est expert en religions monothéistes, avec un focus particulier sur l'islam contemporain, ainsi qu'en dialogue interreligieux. Ses recherches actuelles portent sur l'intersection entre l'islam, le pluralisme et la globalisation, ainsi que sur les questions de dialogue pour la construction de la paix et la justice sociale. Il travaille également, en recherche appliquée, sur trois thématiques: 1) le dialogue inter-visions du monde et la résolution de conflits; 2) la gestion pluraliste d'espace sacré; 3) ainsi que la pédagogie inter-visionnelle pour de meilleures relations pluri-épistémiques et décoloniales, ainsi que l'intégration des éthiques et cultures religieuses dans toutes sociétés plurielles, qu'elles soient à dominance laïque ou religieuse.
KÈBÉ, Ibrahima
Auxiliaire d'enseignement (étudiant/e), Doctorant
- Histoire de la philosophie islamique
- Islam classique
- Islamologie
- Maghreb
- Moyen Âge
- 14e siècle
- 15e siècle
- Moyen-Orient
- Religion et politique
Ibrahima Kebe est doctorant en sciences des religions à l'institut d'études religieuses de l'université de Montréal, mes travaux de recherche se concentrent sur la philosophie et l'histoire de l'islam. Je suis en co-direction avec le département d'histoire de l'université de Montréal, ce qui permet de situer mon domaine de recherche à l'intersection de deux parcours distincts.. D'abord en philosophie, car j'ai débuté mes études universitaires avec une licence de philosophie à l'université Cheik Anta Diop de Dakar, ensuite un master de philosophie et histoire des idées à l'université de Nice Côte d'Azur avant de me réorienter dans les études religieuses avec un focus particulier sur les thématiques de l'islam et des fondements du pouvoir.
Mon intérêt pour les sciences des religions et les études religieuses s'est manifesté dès la troisième année de licence, lors de la découverte de la philosophie médiévale d'expression religieuse, avec une attention particulière pour la philosophie arabo-musulmane. Cet intérêt a conduit à la rédaction de mon mémoire de master sur Kant et la critique de la religion, visant à éclaircir la philosophie des Lumières et la conception de la « religion naturelle » et de la « religion révélée » chez Emmanuel Kant.
Dans le cadre de cette recherche doctorale, l'objet d'étude porte sur l'islam et les fondements du pouvoir, avec un focus particulier sur la doctrine du califat. Cette dernière représente la première institution politico-religieuse de l'islam, offrant un cadre conceptuel pour l'analyse des dynamiques de pouvoir dans le contexte islamique. Dans le cadre de cette étude, nous nous penchons sur la question du pouvoir politique et de la religion. Notre analyse se concentre sur l'œuvre d'un auteur classique de l'islam du XIVe siècle (Ibn Khaldoun 1332-1406), longtemps considéré comme historien, philosophe, anthropologue et « père de la sociologie moderne ». Cette approche méthodique implique une réflexion approfondie sur la doctrine du califat et sa vision de l'histoire, permettant ainsi de discerner les sphères religieuses des sphères politiques.
Le califat apparait dans le vocabulaire arabe dès l'annonce de la mort du Prophète en 632. Des Rashidun (califes bien guidés) à la chute des Ottomans, les conceptions de cette institution politico-religieuse centrale de l'islam varient en fonction des époques et d'une doctrine formalisée au Xe siècle, à l'épreuve de la perte du pouvoir politique par les califes. Le successeur-représentant légitime de l'autorité religieuse devient dès lors, sous la plume d'un Mawardi , celui qui justifie l'usurpation du pouvoir politique comme une délégation. Né au Maghreb post-almohade, au temps de la fragmentation dynastique comme de la peste noire, l'historien Ibn Khaldoun (1331-1406) nous livre une analyse des divergences historiques d'opinions sur cette institution idéale .
Quelle place occupe cette dernière chez ce penseur qui mène avant tout une réflexion sociologique et historique sur la nature des empires ? Que penser de cette dualité entre autorité religieuse et pouvoir politique ?
Cette recherche tente d'y répondre en introgeants les liens entre califat, royauté et gouvernement civill dans la philosophie de l'histoire d'Ibn Khaldoun.