Expert en : 14e siècle
KÈBÉ, Ibrahima
Auxiliaire d'enseignement (étudiant/e), Doctorant
- Histoire de la philosophie islamique
- Islam classique
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- Moyen-Orient
- Religion et politique
Ibrahima Kebe est doctorant en sciences des religions à l'institut d'études religieuses de l'université de Montréal, mes travaux de recherche se concentrent sur la philosophie et l'histoire de l'islam. Je suis en co-direction avec le département d'histoire de l'université de Montréal, ce qui permet de situer mon domaine de recherche à l'intersection de deux parcours distincts.. D'abord en philosophie, car j'ai débuté mes études universitaires avec une licence de philosophie à l'université Cheik Anta Diop de Dakar, ensuite un master de philosophie et histoire des idées à l'université de Nice Côte d'Azur avant de me réorienter dans les études religieuses avec un focus particulier sur les thématiques de l'islam et des fondements du pouvoir.
Mon intérêt pour les sciences des religions et les études religieuses s'est manifesté dès la troisième année de licence, lors de la découverte de la philosophie médiévale d'expression religieuse, avec une attention particulière pour la philosophie arabo-musulmane. Cet intérêt a conduit à la rédaction de mon mémoire de master sur Kant et la critique de la religion, visant à éclaircir la philosophie des Lumières et la conception de la « religion naturelle » et de la « religion révélée » chez Emmanuel Kant.
Dans le cadre de cette recherche doctorale, l'objet d'étude porte sur l'islam et les fondements du pouvoir, avec un focus particulier sur la doctrine du califat. Cette dernière représente la première institution politico-religieuse de l'islam, offrant un cadre conceptuel pour l'analyse des dynamiques de pouvoir dans le contexte islamique. Dans le cadre de cette étude, nous nous penchons sur la question du pouvoir politique et de la religion. Notre analyse se concentre sur l'œuvre d'un auteur classique de l'islam du XIVe siècle (Ibn Khaldoun 1332-1406), longtemps considéré comme historien, philosophe, anthropologue et « père de la sociologie moderne ». Cette approche méthodique implique une réflexion approfondie sur la doctrine du califat et sa vision de l'histoire, permettant ainsi de discerner les sphères religieuses des sphères politiques.
Le califat apparait dans le vocabulaire arabe dès l'annonce de la mort du Prophète en 632. Des Rashidun (califes bien guidés) à la chute des Ottomans, les conceptions de cette institution politico-religieuse centrale de l'islam varient en fonction des époques et d'une doctrine formalisée au Xe siècle, à l'épreuve de la perte du pouvoir politique par les califes. Le successeur-représentant légitime de l'autorité religieuse devient dès lors, sous la plume d'un Mawardi , celui qui justifie l'usurpation du pouvoir politique comme une délégation. Né au Maghreb post-almohade, au temps de la fragmentation dynastique comme de la peste noire, l'historien Ibn Khaldoun (1331-1406) nous livre une analyse des divergences historiques d'opinions sur cette institution idéale .
Quelle place occupe cette dernière chez ce penseur qui mène avant tout une réflexion sociologique et historique sur la nature des empires ? Que penser de cette dualité entre autorité religieuse et pouvoir politique ?
Cette recherche tente d'y répondre en introgeants les liens entre califat, royauté et gouvernement civill dans la philosophie de l'histoire d'Ibn Khaldoun.