Participation au colloque international de Namur

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Du vendredi 19 au samedi 20 mai 2017, le Centre d’Études Africaines et Recherches Interculturelles (CEAF&RI), le Groupe de théologies africaines subsahariennes (GTAS), une unité de recherche de l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, et l’Institut International Lumen Vitae ont organisé, à Namur (Belgique), un colloque sur la thématique « Construire ensemble l’interculturel ». Des conférenciers, professeurs et étudiants, philosophes, théologiens, biblistes et praticiens, hommes et femmes, venus du Mali, du Burkina Faso, de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Cameroun, du Maroc, de Madagascar, de Paris, de Rome, de Belgique, du Québec, d’Haïti et d’ailleurs ont fait  leurs communications sur divers aspects de l’interculturel devant un parterre de près de cent participant-e-s d’origines culturelles et religieuses diverses.  Parmi eux, se trouvaient onze membres du GTAS, dont deux rapporteurs et neuf conférenciers (2 professeurs et 7 étudiants). 

Dans ce contexte empreint de diversité culturelle, les conditions étaient réunies pour tisser des liens entre les cœurs, construire des ponts pour mettre en relation des personnes présentes mais différentes de par leur genre et leurs provenances ethniques, culturelles et religieuses. Et, vu leur intérêt marqué pour la construction de l’interculturel à l’africaine, il a été possible d’entendre parler d’expérience d’éducation à l’interculturalité, de la nécessité de promouvoir les langues nationales comme paramètre interculturel, de la résistance au regard hostile de l’autre pour exister en milieu d’immigration et en vie ecclésiale, du défi interculturel lancé par les religions ancestrales africaines dans l’activité pastorale. En outre, l’atmosphère était aussi  propice pour réfléchir ensemble sur la place de l’interculturel dans les mouvements féminins et féministes, sur l’éducation interculturelle et, bien entendu, sur les actions ou les engagements auxquels appelle l’interculturel.

Ces réflexions ont conscientisé les participant-e-s sur quelques éléments fondamentaux, notamment : l’importance de savoir retourner à ses racines culturelles pour renaître et être, la nécessité  de valoriser certaines pratiques culturelles africaines comme la parenté à plaisanterie, l’intertribalité, la promotion de la femme, etc. pour construire un vivre-ensemble démocratique, pacifique et propice au développement durable. De plus, elles ont permis de comprendre que, éclairées par le Shema ou l’écoute de la tradition biblique, les Églises d’Afrique comme celles du monde entier peuvent mettre à contribution leur savoir-faire et leur savoir-être inspirés de l’Évangile, pour promouvoir le dialogue interculturel afin de prévenir les conflits et favoriser la résolution pacifique des problèmes. Leurs apports rejoindront alors les efforts consentis par les gouvernants de leurs pays pour valoriser l’interculturel dans leurs systèmes éducatifs par : l’introduction des langues vernaculaires, l’éducation civique, l’éducation artistique, l’éducation inclusive pour lutter contre les discriminations et le racisme, l’éducation à la paix, l’éducation au dialogue interculturel, etc. Bien que timides encore, ces efforts témoignent déjà d’une volonté de créer des liens entre les différents peuples et de mettre en commun leurs richesses culturelles en vue du bien de tous. Cela augure du coup une éducation plus adéquate aux réalités africaines et, de ce fait, des systèmes éducatifs affranchis du joug néocolonialiste pour contribuer au développement intégral des peuples africains.

Au terme de ce colloque marathon, il y avait de la satisfaction dans l’air et dans les yeux des membres du comité organisateur comme dans ceux des participants. Notre délégation est rentrée à Montréal contente d’avoir pu réaliser cet exploit et très reconnaissante envers tous les organismes et communautés religieuses qui l’ont permis grâce à leurs généreux dons. Cela aussi est de l’interculturel exprimé à travers la solidarité pour la promotion de la recherche universitaire et de la culture. À l’an prochain, ici ou ailleurs, pour la réalisation d’un autre projet tout aussi, sinon plus dynamisant.

Source : Lindbergh MONDÉSIR, coordonnateur du GTAS

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